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Voyager au Maroc au printemps ou en automne : pourquoi c'est le bon moment

7 nov. 2024
8 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 oct.

Par Magali · Mlle Bougeotte · Novembre 2024

HORS SUJET · MAROC · QUAND PARTIR


Le Maroc en juillet, c'est 45 degrés à Fès et des médinas désertes à midi parce que personne ne peut rester dehors. Le Maroc en janvier, c'est magnifique mais frais dans le désert et parfois pluvieux sur la côte atlantique. Entre les deux, il y a deux fenêtres idéales : avril-mai et septembre-octobre. C'est là qu'on peut vraiment se promener, vraiment flâner, vraiment voir le pays.


Dunes de sable orange au coucher du soleil, arbre isolé, végétation clairsemée et ciel rose aux nuages ondulés.
Le Maroc en dehors de l'été ressemble à ça : une lumière dorée, des températures où on peut marcher sans souffrir, et des paysages qui ne sont pas encore asséchés par la chaleur.


Printemps ou automne : ce que ça change concrètement


La différence de température entre juillet et octobre à Marrakech peut dépasser 15 degrés. Ce n'est pas un détail de confort, c'est ce qui décide si vous pouvez passer une heure dans la médina à 14h ou si vous êtes forcés de vous réfugier dans un café avec la climatisation.


TEMPÉRATURES MOYENNES PAR SAISON ET PAR RÉGION

Marrakech printemps

22-28°C le jour · agréable le soir

Marrakech automne

24-30°C le jour · doux la nuit

Fès printemps

18-24°C · idéal pour la médina

Essaouira toute l'année

18-22°C · vent océanique rafraîchissant

Désert Sahara printemps

25-32°C le jour · froid la nuit

Désert Sahara automne

28-35°C le jour · fraîcheur nocturne

Chefchaouen printemps

15-22°C · parfait pour les randonnées


Le printemps (avril-mai) a un avantage supplémentaire : la végétation est encore verte dans les vallées du Haut Atlas, les roses de la vallée du Dadès sont en fleurs en avril, et les populations locales sont plus disponibles avant la saison estivale. L'automne (septembre-octobre) offre des lumières plus chaudes, des journées encore longues et, après le ramadan quand il tombe en été, un retour à un rythme plus normal dans les médinas.



Fès : commencer par le commencement


Fès est la ville qui me parle le plus au Maroc. Pas parce qu'elle est plus "authentique" que les autres, ce mot est devenu tellement creux, mais parce qu'elle est plus dense, plus complexe, plus difficile à résumer. La médina de Fès el-Bali est la plus grande médina encore habitée du monde. On s'y perd vraiment, pas métaphoriquement : les ruelles qui semblaient mener quelque part finissent souvent en impasse ou en fond de cour privée.


Les tanneries Chouara sont le site le plus photographié de Fès, et à raison : depuis les terrasses des boutiques de cuir qui surplombent les cuves de couleurs, le spectacle est saisissant. Les artisans travaillent toute la journée dans une odeur qui n'a rien d'agréable, mais l'image reste. La menthe que les boutiquiers vous tendent à l'entrée pour couvrir l'odeur fait partie du rituel.


L'université Al-Qarawiyyin, fondée en 859, est considérée comme la plus ancienne université encore en activité du monde. On ne peut pas y entrer, c'est une institution religieuse active, mais la porte principale, dans la médina, vaut le détour.



Terrasse de café ensoleillée dans une ruelle blanche, clients assis sous parasols, serveur en robe beige au centre.
Fès el-Bali à l'heure dorée. Se perdre dans la médina est une expérience en soi, et en mi-saison, on peut le faire sans souffrir de la chaleur.Fès


Le désert : Merzouga et l'Erg Chebbi


On arrive à Merzouga après des heures de route à travers le désert pierreux, les palmeraies et les gorges. Et puis les dunes apparaissent, orange, immenses, complètement hors de proportion avec le reste du paysage. L'Erg Chebbi est l'un des rares ergs (déserts de sable) du Maroc, et il mérite tous les kilomètres qu'on fait pour y arriver.


La nuit dans un camp berbère au cœur des dunes est l'expérience qu'on recommande à tout le monde. Pas pour la "détente" ou le "dépaysement", des mots trop légers, mais pour ce que ça fait de se réveiller à 5h du matin, de sortir de la tente et de voir le ciel marocain avant le lever du soleil. Les étoiles, ici, ne ressemblent à rien de ce qu'on voit depuis Marseille.


En automne, les températures nocturnes dans le désert descendent parfois à 10-12°C. Prévoyez une couche chaude, les camps le signalent rarement.



Désert de dunes dorées sous un ciel gris pâle, paysage calme et sans personnes.
L'Erg Chebbi au coucher du soleil. Les dunes changent de couleur du jaune pâle au rouge profond en l'espace d'une heure.


Marrakech : prendre son temps plutôt que tout cocher


Marrakech est une ville qu'on peut voir en deux jours ou habiter pendant des semaines. La plupart des voyageurs font les deux jours. Ce n'est pas faux, la place Jemaa el-Fna, les souks, le palais Bahia et les jardins Majorelle se visitent bien sur deux journées. Mais ce qu'on rate, c'est le quartier du Mellah (l'ancien quartier juif), les fondouks (anciennes caravansérails) que même les habitants de Marrakech ne connaissent pas tous, et la vie des ruelles de la médina après 20h quand les touristes ont dîné.


Les jardins Majorelle valent la visite même si l'affluence est parfois difficile, arrivez à l'ouverture (8h) pour avoir le jardin presque pour vous. Le bleu Majorelle, cette teinte cobalt intense inventée par Jacques Majorelle, est difficile à oublier une fois vu.



Sous une arche de briques, un homme à vélo traverse une ruelle animée avec scooters et passants au soleil.
Les souks de Marrakech en fin d'après-midi. C'est l'heure où les lumières se font chaudes, les marchands moins insistants et l'atmosphère plus apaisée.


Essaouira : la ville qui résiste au temps


Essaouira est un cas à part au Maroc. Son climat est régi par l'alizé, ce vent atlantique permanent qui maintient les températures fraîches toute l'année, même en juillet. C'est la seule ville du Maroc où on peut aller n'importe quand et ne jamais souffrir de la chaleur. En contrepartie, le vent peut être violent certains jours, surtout sur la plage.


La médina d'Essaouira est classée au patrimoine mondial de l'UNESCO. Les remparts côté océan ont une couleur et une lumière qui ne ressemblent à rien d'autre au Maroc. Les artisans de la ville sont spécialisés dans le bois de thuya, cette résine odorante qu'on reconnaît immédiatement dans les boutiques. C'est l'un des rares artisanats marocains qu'on achète parce qu'on en a envie et non parce qu'on s'est laissé convaincre.



Ruelles d’une forteresse ocre avec étals de paniers, vélos et quelques passants sous un ciel bleu.
Essaouira et ses remparts face à l'Atlantique. La seule ville du Maroc où le vent remplace la climatisation.


Chefchaouen : la ville bleue du Rif


Chefchaouen est devenue l'une des images les plus partagées du Maroc sur Instagram, ce qui lui a attiré des foules et une réputation de "fausse ville" construite pour les photos. La réalité est plus nuancée. Chefchaouen est effectivement peinte en bleu, une tradition qui remonterait aux Juifs séfarades qui s'y sont réfugiés au XVe siècle et ont peint les murs de leur couleur sacrée. La ville est aussi habitée, vivante et agréable à parcourir en dehors des heures de pointe touristique.


Au printemps, les montagnes du Rif qui entourent la ville sont encore vertes. C'est la meilleure saison pour les randonnées dans les environs, notamment vers le parc national de Talassemtane. En automne, les forêts virent au rouge et à l'orange.



Ruelle bleue étroite sous des arches, une personne en turquoise s’éloigne; vêtements rayés suspendus à droite.
Chefchaouen tôt le matin, avant les touristes. La lumière sur le bleu des murs change complètement selon l'heure.


Casablanca et la Mosquée Hassan II


Casablanca n'est pas la ville la plus belle du Maroc, et personne ne prétend le contraire. C'est une métropole de 4 millions d'habitants, avec les embouteillages et la pollution qui vont avec. Mais la Mosquée Hassan II est une raison suffisante de s'y arrêter. C'est la plus grande mosquée d'Afrique et la septième du monde, construite en partie sur l'océan Atlantique. Le minaret de 210 mètres est visible depuis la mer. La visite guidée de l'intérieur est ouverte aux non-musulmans, le sol en marbre, les lustres en Murano et la nef principale donnent une idée de l'ambition du projet.



Cour intérieure d’une mosquée au crépuscule, fontaine centrale en marche, arches ornées beige et ciel bleu clair.
La Mosquée Hassan II au coucher du soleil. Le minaret de 210 mètres est construit en partie au-dessus de l'Atlantique.


Les incontournables qu'on oublie souvent


Aït-Ben-Haddou est un ksar (village fortifié en pisé) classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, sur l'ancienne route des caravanes entre le Sahara et Marrakech. Il a servi de décor à Game of Thrones, Gladiator et Lawrence d'Arabie. La montée jusqu'à la partie haute du village offre une vue sur la vallée du Drâa qui justifie à elle seule le détour.



Village en pisé sur colline désertique, palmiers au premier plan et ciel clair, ambiance paisible.
Aït-Ben-Haddou, ksar classé UNESCO. Gladiator, Game of Thrones, Lawrence d'Arabie, une bonne partie du cinéma mondial a utilisé ce décor.


Les Gorges du Todra sont un canyon de 300 mètres de haut creusé dans le plateau calcaire du Haut Atlas, à deux heures de route de Merzouga. Le fond du canyon mesure parfois moins de 10 mètres de large. En avril et en octobre, l'eau qui coule au fond est accessible et la lumière dans le canyon en fin d'après-midi est extraordinaire.



Vêtements colorés suspendus à une corde le long d’une route de canyon, avec des randonneurs au loin sous des falaises rocheuses.
Les Gorges du Todra entre Merzouga et Marrakech. Les parois atteignent 300 mètres de haut sur moins de 10 mètres de largeur.


Tanger reste méconnue malgré sa position stratégique au nord, à 14 km de l'Europe. La Grotte d'Hercule, à quelques kilomètres de la ville, est un site archéologique fascinant : une caverne naturelle dont l'ouverture sur l'Atlantique a la forme de la carte de l'Afrique. Elle a servi de site rituel depuis l'Antiquité.


Vue nocturne d’une ville côtière: maisons empilées illuminées, route longeant la mer et port scintillant sous ciel bleu.
Tanger, porte de l'Afrique. Par temps clair, on voit les côtes espagnoles à 14 km, l'Europe la plus proche du continent africain.


La gastronomie : ce qu'il faut absolument goûter


La cuisine marocaine est l'une des grandes cuisines du monde, et elle se mange dans les petits établissements, pas dans les restaurants pour touristes. Le tagine (ragoût en cocotte d'argile) au poulet et citron confit, le couscous du vendredi, la pastilla (feuilleté sucré-salé de pigeon ou de poisson) à Fès, les brioches msemen du matin avec du miel d'argan, chaque région a ses spécialités.


Le thé à la menthe se boit partout, versé très haut pour faire la mousse. C'est sucré, fort, chaud. Refuser en est presque impossible et inutile.

L'artisanat marocain, céramiques de Fès, cuir de Marrakech, tapis berbères, bois de thuya d'Essaouira, se négocie. C'est une convention culturelle, pas une arnaque : le premier prix annoncé n'est jamais le vrai prix, et le marchandage fait partie de l'échange.



Bol de riz au curry de viande, garni de coriandre, avec couvercle de tajine noir sur table en bois.
La cuisine marocaine se mange dans les petits restaurants de quartier, pas dans les établissements pensés pour les touristes. La différence de goût est réelle.


Séjourner dans un riad : ce que c'est vraiment


Un riad est une maison traditionnelle marocaine organisée autour d'un patio central avec fontaine ou jardin. De l'extérieur, rien ne les distingue, une porte en bois dans une ruelle de la médina. De l'intérieur, c'est souvent somptueux : zellige (mosaïque de céramique), stuc sculpté, bois de cèdre ciselé, terrasse sur les toits. La nuit dans un riad à Fès ou à Marrakech change la façon de vivre la médina.


Cour intérieure avec bassin carrelé turquoise, palmiers, lanternes et portes bleues; ambiance paisible et exotique.
Le patio d'un riad. De l'extérieur, une porte ordinaire dans une ruelle. De l'intérieur, un autre monde.


Budget et infos pratiques


Poste

Budget indicatif (7 jours, 1 personne)

Vol aller-retour depuis Paris

150-250 € (Ryanair, easyJet, Royal Air Maroc)

Hébergement (riad ou hôtel 3*)

300-600 € selon les villes

Repas (restaurants locaux)

5-15 € par repas

Transports intérieurs (train, bus, taxi)

80-150 €

Visites et activités

50-150 € selon les choix

Total indicatif pour 7 jours

750-1 200 € par personne


Monnaie : le dirham marocain (MAD). 1 € vaut environ 10-11 MAD. Changez à l'arrivée à l'aéroport ou dans les banques, les bureaux de change de rue proposent parfois de meilleurs taux, mais vérifiez toujours avant. L'euro est parfois accepté dans les zones très touristiques, mais payer en dirhams reste plus avantageux.


Conseil : pour un road trip de 10 à 12 jours, l'itinéraire classique part de Casablanca ou Fès, descend vers le désert via Meknès, Ifrane, Midelt et les gorges, remonte par Ouarzazate et Aït-Ben-Haddou, puis termine à Marrakech avec une étape à Essaouira. Notre article road trip au Maroc détaille cet itinéraire étape par étape.





Homme en turban blanc et robe bleue, vu de profil sur des rochers, observant un ksar en terre près d’une rivière asséchée.
Un village berbère dans le Haut Atlas entre Marrakech et le désert. Ces routes secondaires valent souvent le détour, plus que les artères principales.





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