De Ouarzazate à Zagora : vallée du Drâa, dunes de Tinfou et premier jour du Ramadan
Dernière mise à jour : 16 oct.
Par Magali · Mlle Bougeotte · Février 2026 · Jour 4 - dernière journée au Maroc
HORS SUJET · MAROC · CARNET DE ROUTE
C'est notre dernière journée. On le sait depuis le réveil, et ça colore déjà la matinée d'une légère mélancolie. On part tôt avec Mouhar, direction Zagora. Sans savoir encore que cette journée sera la plus belle du voyage.

La vallée du Drâa : les arrêts s'imposent d'eux-mêmes
La route entre Ouarzazate et Zagora suit l'oued Drâa sur plus de 150 kilomètres. L'oued Drâa est le plus long fleuve du Maroc, il prend sa source dans le Haut Atlas et disparaît dans le désert avant d'atteindre théoriquement l'Atlantique, mais en pratique il ne coule plus jusqu'à la mer depuis des décennies. La vallée qu'il a creusée est l'une des plus belles du pays.
On s'arrête souvent. La lumière du matin sur les kasbahs en pisé, les palmeraies qui bordent la route, les montagnes qui changent de couleur à chaque virage, on n'a pas vraiment le choix. Mouhar connaît les endroits où la vue est la meilleure et s'arrête sans qu'on ait besoin de demander.

Au premier arrêt, on croise un marchand installé au bord de la route avec une table couverte de bijoux berbères. Ce n'est pas ce qui étonne, c'est son compagnon : un grand lézard posé sur l'épaule, calme comme s'il était là depuis toujours. On ne sait jamais vraiment à quoi s'attendre sur ces routes marocaines.


Agdz : la palmeraie au pied de la montagne
Agdz est une petite ville à mi-chemin, posée au pied du Djebel Kissane avec une palmeraie qui s'étend dans toutes les directions. On s'y arrête le temps d'un café et d'une balade dans le centre. L'ambiance est calme, locale, sans infrastructure touristique particulière. C'est agréable.



La Kasbah de Tamnougalt : la révélation du voyage
J'avoue n'avoir aucune idée de ce qui nous attend en arrivant à Tamnougalt. Le nom ne me disait rien avant de partir, et la visite obligatoire avec guide m'avait rendue légèrement méfiante, souvenir de guides trop pressés qui récitent leur texte sans s'arrêter. Cette fois, c'est le contraire.
La Kasbah de Tamnougalt est, pour moi, la plus belle kasbah qu'on ait visitée au cours de ce voyage. Ancien centre administratif de la vallée du Drâa, elle servait de résidence aux caïds locaux qui contrôlaient le commerce caravanier. Les murs en pisé, les plafonds en bois de cèdre sculpté, les salles de réception encore meublées, les systèmes ingénieux de stockage des récoltes et de gestion de l'eau, tout ça prend sens avec les explications du guide.
Le film Babel d'Alejandro González Iñárritu y a été tourné en partie. On reconnaît certains espaces sur les photos du tournage exposées dans l'entrée.














Kasbah de Tamnougalt : entrée environ 20 dirhams par personne. Guide obligatoire, environ 150 dirhams pour la visite, à négocier avant de commencer. Comptez 1h30 minimum. C'est la visite qui nous a le plus marquées de tout le séjour.
Les dunes de Tinfou : chameau et ski sur sable
Après le déjeuner à Zagora, Mouhar nous emmène aux dunes de Tinfou, une quinzaine de kilomètres au sud. Ce ne sont pas les grandes dunes de l'Erg Chebbi près de Merzouga, Tinfou est plus modeste, plus accessible, et suffit largement pour l'expérience.
On monte à dos de chameau. Les premières secondes sont mémorables : quand le chameau se lève, on bascule d'abord violemment en avant… puis tout aussi violemment en arrière. Mieux vaut avoir les mains bien accrochées. Une fois debout, le chameau avance avec ce balancement particulier et légèrement comique. On rit beaucoup.






On nous propose ensuite le ski sur dune. On accepte, évidemment. Soyons honnêtes : ça ne glisse pas vraiment comme sur la neige. Le sable freine plus qu'il n'accélère, et la descente ressemble moins à du ski qu'à une chute contrôlée. Mais c'est totalement irrationnel et donc forcément très drôle. Le rire est garanti.

La fin d'après-midi : les silhouettes dans le désert
Sur le chemin du retour, la lumière change. C'est l'heure dorée, et dans le désert, cette heure-là n'a pas d'équivalent. Les couleurs passent de l'orange au rouge, les ombres s'allongent, les montagnes virent au violet.
Les villages s'animent. Des enfants sortent de l'école et marchent le long des routes. Des femmes en longs voiles noirs avancent dans le désert, et le vent soulève leur tissu. Les silhouettes se détachent sur les paysages ocre. C'est absolument magnifique et difficile à décrire. J'aurais voulu prendre encore plus de photos, mais parfois, il faut simplement regarder.

Le thé chez les parents de Mouhar, et le premier jour du Ramadan
Sur la route du retour vers Ouarzazate, Mouhar nous demande si on veut venir boire le thé chez ses parents. On n'hésite pas une seconde.
On est reçus dans une maison traditionnelle. Toute la famille est réunie, parents, frères et sœurs, cousins. On s'assoit par terre sur des tapis, on enlève les chaussures, on accepte le verre de thé à la menthe brûlant et sucré. La maman de Mouhar pose des pâtisseries marocaines sur la table basse. On ne comprend pas tout ce qui se dit, mais on comprend l'essentiel.
Et puis, l'annonce tombe : le croissant de lune a été observé. Le premier jour du Ramadan est officiellement déclaré. Dans la maison, dans la rue, dans tout le village, des applaudissements éclatent. Une joie collective, spontanée, sincère. On est assis là, au milieu de cette famille, ce soir-là précisément, à ce moment précisément.
On n'avait pas prévu d'être là. On n'avait rien organisé pour ça. Et c'est exactement pour ça que c'est un des moments les plus forts du voyage.


Le lendemain matin, on reprend l'avion pour Marseille. Les valises sont chargées de pâtisseries préparées par la maman de Mouhar, d'oranges fraîches achetées au marché d'Agdz, et d'un nombre de souvenirs impossibles à mettre dans une valise.





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