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De Ouarzazate à Zagora : vallée du Drâa, dunes de Tinfou et premier jour du Ramadan

21 févr.
7 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 oct.

Par Magali · Mlle Bougeotte · Février 2026 · Jour 4 - dernière journée au Maroc

HORS SUJET · MAROC · CARNET DE ROUTE


C'est notre dernière journée. On le sait depuis le réveil, et ça colore déjà la matinée d'une légère mélancolie. On part tôt avec Mouhar, direction Zagora. Sans savoir encore que cette journée sera la plus belle du voyage.


Route sinueuse en montagne dans un désert aride, falaises rocheuses dorées sous un ciel bleu nuageux.
La vallée du Drâa tôt le matin. Pendant des siècles, c'était l'une des principales routes caravanières entre le Sahara et Marrakech.


La vallée du Drâa : les arrêts s'imposent d'eux-mêmes


La route entre Ouarzazate et Zagora suit l'oued Drâa sur plus de 150 kilomètres. L'oued Drâa est le plus long fleuve du Maroc, il prend sa source dans le Haut Atlas et disparaît dans le désert avant d'atteindre théoriquement l'Atlantique, mais en pratique il ne coule plus jusqu'à la mer depuis des décennies. La vallée qu'il a creusée est l'une des plus belles du pays.


On s'arrête souvent. La lumière du matin sur les kasbahs en pisé, les palmeraies qui bordent la route, les montagnes qui changent de couleur à chaque virage, on n'a pas vraiment le choix. Mouhar connaît les endroits où la vue est la meilleure et s'arrête sans qu'on ait besoin de demander.



Femme souriante au foulard jaune dans un paysage montagneux aride sous un ciel bleu clair.
La route en direction de Zagora. On est partis tôt et la lumière est encore rasante, idéale pour les photos.


Au premier arrêt, on croise un marchand installé au bord de la route avec une table couverte de bijoux berbères. Ce n'est pas ce qui étonne, c'est son compagnon : un grand lézard posé sur l'épaule, calme comme s'il était là depuis toujours. On ne sait jamais vraiment à quoi s'attendre sur ces routes marocaines.



Lézard brun posé sur une veste noire, sous un ciel bleu, dans un paysage désertique.
Le marchand au lézard. Il s'appelle... on n'a pas pensé à demander. Le lézard non plus.
Collines désertiques rouges striées sous un ciel bleu, avec montagnes lointaines enneigées, paysage calme et aride.
Le paysage devient plus minéral en descendant vers Zagora. Les gorges creusées par l'oued donnent une idée de la puissance des crues hivernales.


Agdz : la palmeraie au pied de la montagne


Agdz est une petite ville à mi-chemin, posée au pied du Djebel Kissane avec une palmeraie qui s'étend dans toutes les directions. On s'y arrête le temps d'un café et d'une balade dans le centre. L'ambiance est calme, locale, sans infrastructure touristique particulière. C'est agréable.


Palmeraie verdoyante traversée par une route, village au pied d’une montagne rocheuse sous un ciel bleu nuageux.
Agdz et le Djebel Kissane. La palmeraie commence juste derrière le village et s'étend sur plusieurs kilomètres.
Palmeraie dense au premier plan, montagnes arides au loin sous un ciel bleu clair avec quelques nuages.
Vue sur Agdz depuis les hauteurs. Le contraste entre la terre aride et le vert des palmiers est saisissant d'ici.
Vaste vallée aride avec arbres clairsemés, route sinueuse et village au loin, sous un ciel bleu lumineux.
Le centre d'Agdz un matin de semaine. Personne ne se hâte, personne ne regarde les touristes d'un air particulier.


La Kasbah de Tamnougalt : la révélation du voyage


J'avoue n'avoir aucune idée de ce qui nous attend en arrivant à Tamnougalt. Le nom ne me disait rien avant de partir, et la visite obligatoire avec guide m'avait rendue légèrement méfiante, souvenir de guides trop pressés qui récitent leur texte sans s'arrêter. Cette fois, c'est le contraire.


La Kasbah de Tamnougalt est, pour moi, la plus belle kasbah qu'on ait visitée au cours de ce voyage. Ancien centre administratif de la vallée du Drâa, elle servait de résidence aux caïds locaux qui contrôlaient le commerce caravanier. Les murs en pisé, les plafonds en bois de cèdre sculpté, les salles de réception encore meublées, les systèmes ingénieux de stockage des récoltes et de gestion de l'eau, tout ça prend sens avec les explications du guide.


Le film Babel d'Alejandro González Iñárritu y a été tourné en partie. On reconnaît certains espaces sur les photos du tournage exposées dans l'entrée.



Ruines de kasbah en terre ocre sous un ciel bleu intense, façades éventrées et fenêtres noires, paysage désertique.
La Kasbah de Tamnougalt depuis l'extérieur. Elle est moins connue que Taourirt ou Aït Ben Haddou, à tort.
Vue plongeante d’une cour souterraine en terre ocre, avec arches, banquettes rayées et bols, ambiance calme.
Un des patios intérieurs. La kasbah est encore partiellement meublée, ce qui donne une idée concrète de la vie qui s'y menait.
Fenêtre en bois sculpté sur cour en terre cuite, avec lampe décorative au centre, lumière chaude et ambiance paisible.
La salle de réception des caïds. Les banquettes, les tapis et les coussins brodés sont d'époque.
Kasbah de Tamnougalt
Le plafond peint d'une des salles principales. Le bois de cèdre sculpté et peint à la main, un travail qu'on ne fait plus de cette façon.
Linge blanc et rouge séchant dans une cour en terre battue, murs d’adobe ocre sous un ciel bleu éclatant.
La terrasse de Tamnougalt. De là, on comprend pourquoi cette kasbah contrôlait stratégiquement la vallée.
Couloir souterrain en pierre avec arches, éclairé d’une lumière chaude, ambiance mystérieuse et silencieuse.
Les ruelles intérieures. La kasbah est une ville dans la ville, avec ses propres rues, ses sections séparées, ses passages secrets.
Ouverture sombre dans un mur de pierre brut, traversée de poutres en bois et de paniers, ambiance rustique.
La lumière entre par des fenêtres en stuc sculpté. L'effet dans les pièces est exactement ce qu'on imagine quand on pense à une kasbah.
Ruines en pisé au premier plan, oasis de palmiers et montagnes désertiques sous ciel bleu.
Les greniers communautaires. Le guide explique comment le système de stockage des récoltes fonctionnait et qui y avait accès, une organisation sociale complexe.
Cour intérieure en terre battue avec deux lits bas, table bleue et paniers; motifs berbères, soleil et ombres chaudes.
Les décorations en pisé sculpté sur les murs extérieurs. Chaque motif géométrique a une signification dans la tradition berbère.
Intérieur ancien aux poutres en bois et murs ornés d’arcs peints, usés et sombres, ambiance austère.
Les colonnes et arches intérieures. Le guide explique que certains artisans qui ont construit cette kasbah venaient de Fès, les techniques de stuc sculpté viennent du nord.
Porte en bois ouverte dans une pièce sombre, sur un jardin lumineux de palmiers; contraste calme.
Les escaliers intérieurs. Étroits, raides, taillés directement dans le pisé. On comprend pourquoi les kasbahs étaient faciles à défendre.
Gros plan d’un portail en bois brun rouillé, entrouvert, laissant voir un palmier flou et un ciel bleu en arrière-plan.
Les toits et les tours de Tamnougalt. Les merlons servaient à la fois de décoration et de protection défensive.
Palmiers sur un sentier désertique bordé d’un mur de terre, sous un ciel bleu intense.
Un des couloirs voûtés. La fraîcheur naturelle à l'intérieur est frappante, les murs épais maintiennent une température agréable même en plein été.
Oasis désertique avec palmiers, ruines en terre et montagnes au loin sous un ciel bleu limpide.
Le patio central avec sa fontaine. L'eau était un signe de richesse et de prestige dans toutes les résidences nobles du Maroc.

Kasbah de Tamnougalt : entrée environ 20 dirhams par personne. Guide obligatoire, environ 150 dirhams pour la visite, à négocier avant de commencer. Comptez 1h30 minimum. C'est la visite qui nous a le plus marquées de tout le séjour.


Les dunes de Tinfou : chameau et ski sur sable


Après le déjeuner à Zagora, Mouhar nous emmène aux dunes de Tinfou, une quinzaine de kilomètres au sud. Ce ne sont pas les grandes dunes de l'Erg Chebbi près de Merzouga, Tinfou est plus modeste, plus accessible, et suffit largement pour l'expérience.


On monte à dos de chameau. Les premières secondes sont mémorables : quand le chameau se lève, on bascule d'abord violemment en avant… puis tout aussi violemment en arrière. Mieux vaut avoir les mains bien accrochées. Une fois debout, le chameau avance avec ce balancement particulier et légèrement comique. On rit beaucoup.



Vue depuis une voiture d’une route désertique vers une arche, un scooter et deux voitures sous un ciel bleu.
Les dunes de Tinfou. Moins spectaculaires que l'Erg Chebbi, mais parfaites pour une première expérience du désert de sable.
Homme en turban bleu préparant du thé dans le désert, assis sous un abri, avec plateau de biscuits et théière brillante.
Les dunes de Tinfou. Moins spectaculaires que l'Erg Chebbi, mais parfaites pour une première expérience du désert de sable.
Moto noire DOCKER sur sable du désert, près de dunes rouges sous ciel nuageux, ambiance isolée.
La vallée du Drâa tôt le matin. Pendant des siècles, c'était l'une des principales routes caravanières entre le Sahara et Marrakech.
Tinfou
La montée sur le chameau est le moment le plus périlleux, le reste de la balade est beaucoup plus tranquille.
Dunes de sable rouge sous un ciel bleu nuageux, vaste désert paisible sans présence humaine.
Le ski sur dune. Ça ne glisse pas vraiment, la descente est chaotique, et c'est exactement pour ça que c'est aussi drôle.
Chameau assis dans le désert, harnachement coloré, dunes orange en arrière-plan, ciel clair.
La vue depuis le sommet de la dune. Horizon de sable et de silence, même à cette échelle modeste, ça change de registre.Tinfou


On nous propose ensuite le ski sur dune. On accepte, évidemment. Soyons honnêtes : ça ne glisse pas vraiment comme sur la neige. Le sable freine plus qu'il n'accélère, et la descente ressemble moins à du ski qu'à une chute contrôlée. Mais c'est totalement irrationnel et donc forcément très drôle. Le rire est garanti.



Femme souriante au turban bleu dans le désert, devant des dunes dorées sous un ciel nuageux.
Les dunes de Tinfou depuis le bas. On repart avec du sable dans les chaussures, dans les poches et probablement partout ailleur


La fin d'après-midi : les silhouettes dans le désert


Sur le chemin du retour, la lumière change. C'est l'heure dorée, et dans le désert, cette heure-là n'a pas d'équivalent. Les couleurs passent de l'orange au rouge, les ombres s'allongent, les montagnes virent au violet.


Les villages s'animent. Des enfants sortent de l'école et marchent le long des routes. Des femmes en longs voiles noirs avancent dans le désert, et le vent soulève leur tissu. Les silhouettes se détachent sur les paysages ocre. C'est absolument magnifique et difficile à décrire. J'aurais voulu prendre encore plus de photos, mais parfois, il faut simplement regarder.



Vue depuis une voiture sur une rue urbaine au coucher du soleil, cyclistes et piétons, enseigne Cash Plus, ambiance animée.
La lumière de fin d'après-midi autour de Zagora. Il y a des moments où l'appareil photo reste dans le sac parce que l'image ne rendra pas justice à la réalité.


Le thé chez les parents de Mouhar, et le premier jour du Ramadan


Sur la route du retour vers Ouarzazate, Mouhar nous demande si on veut venir boire le thé chez ses parents. On n'hésite pas une seconde.


On est reçus dans une maison traditionnelle. Toute la famille est réunie, parents, frères et sœurs, cousins. On s'assoit par terre sur des tapis, on enlève les chaussures, on accepte le verre de thé à la menthe brûlant et sucré. La maman de Mouhar pose des pâtisseries marocaines sur la table basse. On ne comprend pas tout ce qui se dit, mais on comprend l'essentiel.


Et puis, l'annonce tombe : le croissant de lune a été observé. Le premier jour du Ramadan est officiellement déclaré. Dans la maison, dans la rue, dans tout le village, des applaudissements éclatent. Une joie collective, spontanée, sincère. On est assis là, au milieu de cette famille, ce soir-là précisément, à ce moment précisément.


On n'avait pas prévu d'être là. On n'avait rien organisé pour ça. Et c'est exactement pour ça que c'est un des moments les plus forts du voyage.



Village en pisé au pied d’une montagne ocre, oasis de palmiers au crépuscule sous ciel bleu.
Chez la famille de Mouhar. Thé à la menthe, pâtisseries maison, toute la famille réunie, et l'annonce du Ramadan qui arrive au milieu de tout ça.
Taxi jaune arrêté sur une route désertique, ciel bleu immense et nuages blancs, paysage aride au soleil.


Le lendemain matin, on reprend l'avion pour Marseille. Les valises sont chargées de pâtisseries préparées par la maman de Mouhar, d'oranges fraîches achetées au marché d'Agdz, et d'un nombre de souvenirs impossibles à mettre dans une valise.



Avion Ryanair sur le tarmac, passagers montant à bord, ciel bleu et montagnes au loin.
L'aéroport de Ouarzazate le matin du départ. On n'a pas très bien dormi, trop d'images, trop de couleurs, trop d'émotions.







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