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Deuxième jour : cap sur Aït Ben Haddou

21 févr.
5 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 oct.

Par Magali · Mlle Bougeotte · Février 2026 · Jour 2 du road trip au Maroc

HORS SUJET · MAROC · CARNET DE ROUTE


Pour notre deuxième journée à Ouarzazate, on prend la direction d'Aït Ben Haddou. Pas en tour opérateur, pas en taxi négocié la veille, en bus local. Ce choix, comme souvent, définit toute la journée.


Kasbah en pisé sur une colline, bordée de palmiers et d’un oued sous un ciel bleu limpide.
Aït Ben Haddou depuis la rive opposée de l'oued. On comprend immédiatement pourquoi ce site a servi de décor à autant de films.


Le bus local : l'immersion commence avant d'arriver


On monte dans un bus qui ressemble beaucoup à ce qu'on appellerait un taxi brousse en Afrique de l'Ouest. Le chauffeur fait d'abord le tour de la ville pour se remplir au maximum avant de partir. À l'intérieur, les sièges se remplissent vite, puis les tabourets, puis les espaces debout. Les bagages s'empilent en dessous, sur les côtés, et quand il n'y a vraiment plus de place à l'intérieur, sur le toit. Pas de ceintures, pas de protocole. Juste de la confiance et de la patience.


Le départ est lancé. Ça me fait penser à une chanson du 113 : "504 break chargé, allez, montez les neveux / Juste un instant que j'mette sur le toit la grosse malle bleue / Nombreux comme une équipe de foot, voiture à ras du sol / On est les derniers locataires qui décollent." Bande-son parfaite.


À mi-chemin, le chauffeur s'arrête pour manger. Ici, le temps ne presse pas. Ce qui devait prendre 30 minutes en prend 1h30. Et c'est exactement ce rythme qui fait que cette journée reste en mémoire.



Vue panoramique d’une oasis désertique: kasbah en pisé, rivière, palmeraie et touristes descendant un escalier sous ciel bleu.
La route entre Ouarzazate et Aït Ben Haddou. 30 kilomètres de paysage entre l'ocre et le rouge, et depuis le bus local, on les vit différemment qu'en taxi climatisé.


Aït Ben Haddou : ce qu'on voit et ce qu'on ressent


À l'arrivée, le ksar est là, de l'autre côté de l'oued. Il faut traverser, à pied sur les pierres quand l'eau est basse, par une passerelle improvisée selon la saison. Puis la montée commence.


Aït Ben Haddou est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1987. Construit aux XVIIe et XVIIIe siècles sur une route caravanière reliant le Sahara à Marrakech, le village est entièrement en pisé, cette technique de construction en terre crue compressée qui donne à tout le bâti cette couleur ocre impossible à reproduire artificiellement. Certaines parties sont encore habitées. D'autres sont en cours de restauration. L'ensemble est impressionnant de cohérence avec le paysage.



Touristes sur un sentier de pierre dans un désert ocre, près de bâtiments en terre; ciel bleu intense.
Les ruelles intérieures du ksar. Le pisé absorbe la lumière différemment selon l'heure, le matin tôt et en fin d'après-midi, les couleurs sont incroyables.
Village de terre ocre à flanc de colline, maisons en adobe sous un ciel bleu vif, ambiance désertique et paisible.
Détail de l'architecture en pisé. La terre crue se travaille sans aucun liant artificiel, c'est ce qui donne cette texture et cette couleur vivantes.
Deux hommes assis sur une terrasse d’auberge en terre ocre, tapis colorés au premier plan, oasis de palmiers derrière.
L'intérieur de certaines kasbahs est accessible. La fraîcheur naturelle dans ces murs épais est frappante même en plein soleil.
Vue panoramique d’un ksar ocre dans la vallée du Drâa, sous ciel bleu; affiches colorées sur un mur, ambiance paisible.
Le sommet du ksar. La montée prend 20-25 minutes depuis l'entrée, et la vue sur la vallée du Drâa vaut chaque marche.


Visite gratuite et sans guide obligatoire. Il n'y a pas de billet d'entrée pour Aït Ben Haddou. On peut flâner librement dans toutes les ruelles, monter jusqu'au sommet et redescendre à son propre rythme. Des guides locaux sont disponibles à l'entrée pour ceux qui veulent des explications historiques, mais la découverte en solo est parfaitement possible et très agréable.


Village ocre dans une vallée aride, palmiers au premier plan, montagnes enneigées sous un ciel bleu limpide.
Le ksar entier depuis le point le plus haut. On comprend pourquoi Gladiator, Game of Thrones, Lawrence d'Arabie et des dizaines d'autres productions ont tourné ici.


Le souk : sans pression, avec le sourire


Au pied du village, un petit souk s'est installé. Rien à voir avec les souks des grandes villes, pas de marchands insistants, pas d'entonnoir touristique. Des artisans locaux proposent des bijoux berbères, des foulards, des poteries, quelques épices. On s'arrête, on regarde, on négocie si quelque chose plaît. La règle habituelle s'applique : le premier prix annoncé n'est jamais le prix final, et le marchandage se fait ici avec une bonne humeur réelle.



Marché de vêtements colorés dans des ruines en pisé, au milieu d’un paysage aride avec palmiers et quelques clients.
Le souk d'Aït Ben Haddou. Sans la pression des grandes villes, l'ambiance est plus détendue, les prix plus directs.


On croise aussi des peintres installés face au village, ou dans les ruelles. Certains travaillent à l'aquarelle, d'autres à l'acrylique. Quelques-uns vendent leurs toiles, d'autres semblent juste là pour peindre. La lumière sur le pisé à cette heure-là, entre 10h et midi, justifie qu'on installe un chevalet ici.



Marché dans une ruelle en terre, étals de textiles et artisanat, un homme assis à gauche, ciel bleu.
Un des nombreux peintres installés autour du site. La lumière sur le pisé justifie qu'on revienne chaque année.


Déjeuner à la Tawesna : le tajine à la citrouille


On monte sur la terrasse de la Tawesna Salon de Thé pour la pause déjeuner. La vue sur le ksar et la vallée est parfaite. Le menu est court et simple. On commande un tajine, et là, surprise : c'est un tajine à la citrouille. Pas au citron confit, pas au citron-olives. À la citrouille. Une association qu'on n'avait pas essayée, douce, légèrement sucrée, avec des épices qui équilibrent bien le tout. C'est l'un des meilleurs repas du voyage.



Femme souriante en t-shirt violet à cassette, assise dans un intérieur rustique près d’une fenêtre ensoleillée.
La terrasse de la Tawesna. Vue sur le ksar, soleil de midi, tajine à la citrouille, le genre de moment qu'on essaie de retrouver ailleurs et qu'on ne retrouve jamais.
Trois plats traditionnels sur une table en bois: pain plat, sandwich et légumes mijotés, ambiance chaleureuse.
Le tajine à la citrouille de la Tawesna. Pas au citron confit, pas au poulet classique, une belle surprise.
Vue sur une vallée ocre avec village, rivière et champs verts, montagnes enneigées au fond, sous un ciel bleu éclatant.
La Tawesna est engagée localement, le personnel est du village, les produits sont de la région. C'est visible dans l'assiette.


Atlas Studios : entre Cléopâtre et Prison Break


Sur le chemin du retour vers Ouarzazate, on s'arrête aux Atlas Studios. C'est l'un des plus grands studios de cinéma en plein air du monde, et la liste des productions qui y ont tourné donne le vertige : Gladiator, Lawrence d'Arabie, Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, Babel, Prison Break, Game of Thrones... Les décors restent en place entre les tournages, des sphinx, des temples égyptiens, des rues romaines, une prison américaine, et on passe d'un continent à l'autre en quelques pas.


Je ne résiste pas à la pose façon Cléopâtre. J'ai vu le film avec Jamel au moins cinquante fois. Certaines choses s'imposent.


ATLAS STUDIOS - INFOS PRATIQUES

Localisation

Route de Marrakech, Ouarzazate

Prix d'entrée

Environ 80 dirhams par personne (~8 €)

Durée de visite

1h à 2h selon l'intérêt

Productions tournées

Gladiator, Astérix Mission Cléopâtre, Babel, Prison Break, Game of Thrones, Lawrence d'Arabie...



Atlas Studios
Les décors des Atlas Studios. En quelques pas, on passe de l'Égypte ancienne à Rome impériale, sans quitter le Maroc.
Atlas Studios
La pose s'imposait. J'ai vu le film au moins cinquante fois.
Atlas Studios
Le palmarès des Atlas Studios. La liste des productions est impressionnante, et continue de s'allonger.
Atlas Studios
Une rue romaine dans le désert marocain. Les décors tiennent remarquablement bien entre les tournages.
Atlas Studios
Les décors égyptiens dans la lumière de fin d'après-midi. Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre a été tourné ici, les colonnes sont restées.


Dîner à la Kasbah des Sables


Le soir, retour à Ouarzazate pour dîner à la Kasbah des Sables. Le cadre est élégant, des bassins, des lanternes, une architecture qui joue avec les volumes et les ombres. Ce n'est pas le restaurant le plus traditionnel du séjour, et ça se ressent un peu dans l'assiette. Mais le cadre vaut à lui seul le détour, et le repas reste bon. Une belle façon de clore cette journée.



Table de restaurant avec steak sauce, légumes rôtis, verre de vin et pain, ambiance chaleureuse au bord d’une piscine.
La Kasbah des Sables, le soir. Pas le plus traditionnel du séjour, mais le cadre est beau et le service attentionné.





Allée de marché en pisé avec tapis, vêtements colorés et t-shirts suspendus sous un ciel bleu éclatant.
Aït Ben Haddou


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