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Ouarzazate : 4 jours aux portes du désert marocain

21 févr.
7 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 oct.

Par Magali · Mlle Bougeotte · Février 2026 · Jour 1 du road trip au Maroc

HORS SUJET · MAROC · CARNET DE ROUTE


Comme certains le disent : "Voirzazate et mourir." On peut aussi faire "Essaouira ça ira" ou "Tanger Danger", mais cette fois c'est bien le sud marocain qui nous appelle. Destination Ouarzazate, aux portes du désert.


Village ocre en terre cuite avec palmiers dans un paysage désertique, sous un ciel bleu clair, sans personnes.
Ouarzazate depuis les hauteurs. La ville se confond avec le désert, tout est dans les mêmes tons d'ocre et de beige.


L'atterrissage : une attraction en soi


Depuis le hublot, le spectacle commence bien avant l'atterrissage. Des étendues ocre à perte de vue, des vallées sèches, des villages en pisé posés dans le paysage comme s'ils en avaient toujours fait partie. Puis la piste apparaît. Une longue piste un peu vieillissante, marquée par des dos d'âne formés par la chaleur.


L'atterrissage ressemble à une attraction de fête foraine, mais c'est nous le seul avion à nous poser dans ce petit aéroport de campagne, alors au moins on n'attendait pas.


Aile d’avion Ryanair survolant un désert montagneux au coucher du soleil, ciel bleu et lumière dorée.
Ouarzazate depuis les hauteurs. La ville se confond avec le désert, tout est dans les mêmes tons d'ocre et de beige.
Aile d’avion Ryanair survolant des montagnes enneigées au coucher du soleil, ciel bleu et reflets dorés.
L'Atlas depuis l'avion. On comprend pourquoi les routes qui franchissent ces cols sont spectaculaires.


À la sortie de l'aéroport, le contraste avec Marseille est immédiat. Le chant des oiseaux remplace le bruit des moteurs. C'est février, mais le soleil tape fort. Les manteaux tombent rapidement, les foulards prennent le relais, contre le soleil, contre le vent, contre le sable. Et le soir, les nuits sont glaciales. Le désert ne prévient pas.



Oiseaux sur un nid au sommet d’une tour jaune usée, ciel bleu vif, arbres et murs ocre au premier plan.
Les cigognes sont déjà là en février. Elles construisent leurs nids sur les minarets, une image qu'on ne voit nulle part ailleurs.


Le Riad Dar Bergui : encore plus beau que sur les photos


C'est rare de pouvoir dire ça sur Booking, mais le Riad Dar Bergui est encore plus beau que sur les photos. Installé sur le plateau de Ouarzazate, le riad a ce quelque chose d'un peu irréel, les murs blancs, les zelliges, la terrasse qui donne sur les toits et les montagnes au loin.


Les petits-déjeuners sont l'un des points forts du séjour : crêpes marocaines encore tièdes, confitures maison, jus d'orange pressé sur commande. On prend le temps, on regarde les cigognes, on n'a pas vraiment envie d'aller ailleurs. Seule déception : la piscine affiche 6 degrés. Les journées sont chaudes, mais le désert ne pardonne rien la nuit.



Entrée en enduit orange avec porte en bois sombre et plantes en pots, dans une cour ensoleillée.
Le patio du Riad Dar Bergui. Ce riad est dans les rares où la réalité dépasse les photos de Booking.

Cour intérieure d’un riad orange avec piscine bleue, transats et parasols, sous un ciel bleu.
La chambre du Dar Bergui. Les murs épais du riad gardent la fraîcheur le jour et la chaleur la nuit.
Vue panoramique d’une ville ocre depuis une terrasse, ciel bleu, montagnes au loin, ambiance calme et ensoleillée.
Riad Dar Bergui
Riad Dar Bergui
Les msemen marocaines sont de délicieuses crêpes feuilletées et dorées, croustillantes à l’extérieur et moelleuses à l’intérieur, parfaites avec du miel et un bon thé à la menthe.


Place Al-Mouahidine et le souk de la Kasbah


On part à pied vers le centre. La Place Al-Mouahidine est le cœur vivant de la ville, pas spectaculaire, mais agréable. Jus de fruits frais, étals de poteries, gens qui flânent. Le petit souk juste à côté ne nous emballe pas beaucoup, trop orienté touristes, peu de caractère.


Mais en continuant jusqu'à la Kasbah de Taourirt, le souk qui s'est installé juste en face est une autre histoire. Là, ça bouge vraiment. Des marchands proposent des cartes postales, des bijoux berbères, des crèmes à l'argan, des foulards. Aucun prix affiché, tout se négocie. Les enchères commencent toujours très haut, mais avec le sourire et un peu de patience, on trouve vite un terrain d'entente. C'est un jeu, et on y prend goût.



Place ensoleillée avec rangées de tajines en terre cuite, palmier et bâtiment orange au fond, sous un ciel bleu clair.
Le souk devant la Kasbah de Taourirt. C'est ici que la ville prend son rythme, pas la place principale, mais ce coin-là.
Grande arche rose ocre avec motifs géométriques, palmiers et ciel bleu, dans une cour ensoleillée et calme.
Bijoux, foulards, huile d'argan. Rien n'est affiché, le marchandage est la règle du jeu.


Les chats de Ouarzazate


Il faut en parler, parce qu'ils sont partout. Sur les marches, sous les étals, contre les murs ocre au soleil, entre les sacs de farine dans les échoppes. Des dizaines de chats qui vous regardent passer avec ce mélange d'indifférence et de curiosité propre aux chats du monde entier. Si vous venez ici, glissez quelques croquettes dans votre sac. Vous serez adopté en deux minutes.


Chat tigré marchant sur une terrasse en bambou, queue levée, à la lumière chaude du soleil.
Un des chats de Ouarzazate. Il n'a pas bougé depuis qu'on est arrivés et ne compte pas bouger de sitôt.


Boutique Nomade : la caverne d'Ali Baba


Impossible de passer devant la Boutique Nomade  sans s'arrêter. Objets africains, textiles berbères, lanternes en métal découpé, meubles anciens, poteries, tapis. Et des portes en bois sculpté qui m'ont rendu folle, de ces portes qui donnent envie d'avoir un château juste pour les installer. Il ne manque que le château.



Étal de marché marocain chargé de tapis, poteries et lanternes devant des maisons en terre ocre, sous ciel bleu.
La Boutique Nomade. On entre pour regarder, on repart avec des regrets, ou un tapis.


La Kasbah de Taourirt


Ancienne forteresse en pisé, la Kasbah de Taourirt était au XIXe siècle la résidence principale du clan des Glaoui, et notamment de Thami El Glaoui, le célèbre Pacha de Marrakech, l'un des hommes les plus influents du Maroc sous le protectorat français. C'était une véritable petite ville fortifiée : appartements décorés de stuc et de zellige, patios, greniers, passages entre les différentes sections réservées aux membres de la famille et à leurs serviteurs.


Construite entièrement en pisé, la kasbah se confond avec le paysage ocre qui l'entoure. On y ressent encore quelque chose du poids de l'histoire, le carrefour stratégique, les routes caravanières, la puissance des Glaoui.



Place ensoleillée avec troncs de palmiers dressés, bâtiments ocre de style marocain et ciel bleu profond, ambiance calme.
La Kasbah de Taourirt. Résidence des Glaoui au XIXe siècle, elle était à la fois forteresse, palais et ville dans la ville.
Bâtiment en terre ocre dans un village désertique, sous un ciel bleu vif; cour vide et murs crénelés.
Les ruelles intérieures. La kasbah est encore partiellement habitée, des familles y vivent dans les parties non restaurées.
Fort en adobe ocre sous un ciel bleu intense, cour pavée vide et murs crénelés au soleil.
Depuis le toit de la kasbah. Ne ratez pas cette terrasse, la vue sur la ville et l'Atlas vaut à elle seule les 25 dirhams d'entrée.
Quatre portraits peints sur toile brute accrochés au mur, dont une femme voilée au premier plan et un homme au bonnet rouge.
Un salon intérieur restauré. Le stuc, le zellige et le bois de cèdre sculpté, les trois matériaux de base de l'architecture palatiale marocaine.
Vue d’un village ocre aux remparts, avec hôtel Ibis au loin, palmiers et montagnes enneigées sous ciel bleu.
Les fenêtres en stuc sculpté. Certaines parties de la kasbah sont encore en cours de restauration.
Kasbah de Taourirt
Le pisé vieilli de la kasbah. Cette texture, la terre crue mélangée à de la paille, séchée au soleil, est unique au Maroc.

Kasbah de Taourirt : entrée à 25 dirhams par personne (~2,50 €). Guides disponibles à l'entrée mais non obligatoires. Ne ratez pas la montée sur le toit, c'est le meilleur point de vue de la visite.


Le rythme de la ville


Entre deux voitures, on croise des habitants qui se déplacent à dos d'âne, tranquillement, sans que ça étonne personne. Et il y a les camions. Impressionnants, souvent surchargés, débordant de marchandises, de sacs, parfois de meubles empilés jusqu'au toit. On les regarde passer avec un mélange d'admiration et d'incrédulité. Ici, rien ne se perd, tout se transporte.


Âne tirant une charrette bleue couverte, avec une personne, devant un mur en pierre et des palmiers sous un ciel bleu.
Le rythme de Ouarzazate. Entre deux motos et un taxi, un âne. C'est ça aussi, la ville.
Camion marocain surchargé de marchandises, bâché et sanglé, devant des bâtiments ocre sous un ciel bleu.
Un des camions surchargés qui circulent dans la ville. On se demande comment ça tient. Apparemment, ça tient.


Déjeuner au Restaurant Douyria


On s'arrête au Restaurant Douyria pour déjeuner. Un tajine au citron confit et olives, j'en mangerais tous les jours de ce voyage, je le sais déjà. Accompagné d'une salade marocaine fraîche et parfumée : tomates, poivrons, cumin, coriandre. Simple, efficace, parfait. C'est le genre de repas qui coûte moins de 10 € et qu'on cherche à retrouver pendant des mois après.



Assiettes de samoussas et salade garnie sur table en bois, avec pain en panier et ustensiles roses, ambiance chaleureuse.
Le tajine au citron confit du Douyria. J'en ai mangé un par jour le reste du voyage.


Le Musée du Cinéma : à faire ou pas ?


On passe au Musée du Cinéma de Ouarzazate, en face de la kasbah. La ville a servi de décor à des dizaines de productions, Gladiator, Lawrence d'Arabie, Game of Thrones, The Mummy. Le musée présente des vieilles caméras, des affiches, quelques accessoires de tournage. C'est intéressant si on est passionné par l'histoire du cinéma, mais la visite est courte et le contenu assez léger. Les Atlas Studios juste à l'extérieur de la ville (que nous visiterons le lendemain) sont beaucoup plus spectaculaires.


Musée du Cinéma : environ 30 dirhams par personne (~3 €). Compter 30 à 45 minutes. À combiner avec la visite de la Kasbah de Taourirt qui est juste en face.


Entrée ornée du Musée du cinéma, style égyptien ocre, statues et palmiers sous ciel bleu, panneau noir au-dessus du portail.
Le Musée du Cinéma, face à la Kasbah de Taourirt. Intéressant pour le contexte, les Atlas Studios le lendemain sont plus spectaculaires.
Racks de vêtements suspendus, tons beige, rouge et vert, contre un mur vert et orange dans un atelier vide.
Costumes de tournage. Certains ont servi dans des productions qu'on reconnaît immédiatement.
Salle d’atelier avec costumes suspendus et boucliers africains artisanaux sur les murs, éclairée par la lumière du jour.
Les équipements de tournage exposés. On comprend pourquoi les grandes productions ont choisi Ouarzazate pour ses lumières et ses décors naturels.
Musée de caméras et projecteurs anciens, avec maquettes d’avions suspendues dans une grande salle lumineuse.
La salle principale du musée. Pour les passionnés de cinéma, la visite vaut le coup. Pour les autres, 30 minutes suffisent.


Fin de journée : La Kasbah des Étoiles


Pour terminer cette première journée, on monte sur la terrasse du Restaurant La Kasbah des Étoiles. Vue sur l'Atlas, lumière dorée de fin d'après-midi, air doux du désert. Les montagnes se teintent de rose et d'orange au coucher du soleil. Un verre, pas grand-chose à dire, juste regarder.


Terrasse ombragée avec table à carreaux, chaises bleues et canettes, vue sur village ocre et désert au loin.
La terrasse de la Kasbah des Étoiles. La lumière sur l'Atlas en fin d'après-midi, c'est pour ça qu'on vient dans le sud.
Terrasse en terre cuite avec lanterne suspendue, chaises bleues et vue sur un village ocre sous ciel bleu.
L'Atlas au coucher du soleil depuis la terrasse. Les couleurs changent toutes les cinq minutes.
Chat tigré debout dans un passage en terre, regard fixe vers l’objectif, ambiance rustique.
Ouarzazate en fin de journée. La ville s'allume doucement, les premières lumières dans les maisons, les minarets qui se détachent sur le ciel.
Terrasse de restaurant en pisé, chaises bleues et tables vides sous un toit tressé, baignée de taches de soleil chaud
La nuit tombe vite dans le désert. Et avec elle, ce silence et ce froid dont on ne se souvient plus qu'on les a oubliés.


Infos pratiques pour Ouarzazate


TAXIS ET DÉPLACEMENTS

Course en ville

10 dirhams (~1 €)

Course de nuit

14 dirhams

Aéroport en taxi

50 dirhams (~5 €)



CLIMAT EN FÉVRIER

Journée

20-25°C, soleil fort · couvre-chef indispensable

Nuit

5-10°C · veste chaude nécessaire

Vêtements

Pantalons légers, foulard, lunettes de soleil, crème solaire

Hydratation


Buvez beaucoup, l'air est très sec


ARGENT ET RÉSEAU

Monnaie

Dirham marocain (MAD) · 1 € = 10-11 MAD

Distributeurs

Disponibles en centre-ville

SIM locale

Maroc Telecom, Orange ou Inwi à l'aéroport

eSIM

Airalo fonctionne bien au Maroc




Rue ensoleillée avec palmiers, lampadaires et camping-cars, ville ocre au premier plan, montagnes enneigées sous ciel bleu.
Aux alentours de Ouarzazate. Le paysage change toutes les heures selon la lumière, c'est ce qui rend le sud marocain addictif.







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