Ouarzazate, aux portes du désert
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Dernière mise à jour : il y a 5 heures
4 jours à Ouarzazate… nous voilà repartis. Aujourd’hui, destination Ouarzazate, aux portes du désert, au sud du Maroc. Comme certains le disent : « Voirzazate et mourir ». Bon, ça marche aussi pour d’autres villes : Essaouira ça ira, Tanger Danger… mais cette fois, c’est bien le Sud qui nous appelle.

Notre aventure débute dès l’atterrissage. Depuis le hublot, nous survolons des paysages désertiques magnifiques, des étendues ocre à perte de vue. Puis vient la piste… et là, surprise ! Une longue piste un peu vieillissante, marquée par des “dos d’âne” formés par la chaleur. L’atterrissage devient presque une attraction à lui seul. Nous sommes d’ailleurs le seul avion à nous poser dans ce petit aéroport de campagne.


Dès la sortie, le contraste est saisissant : fini le vacarme marseillais, ici règne un calme presque irréel. Le chant des oiseaux remplace le bruit des moteurs. En ce mois de février, les cigognes sont déjà arrivées et ont construit leurs nids sur les minarets. Le soleil tape fort ; les manteaux tombent rapidement et les foulards prennent le relais pour éviter les coups de soleil. Oui, même en février, la chaleur est bien là… même si les nuits, elles, restent glaciales.

Direction le magnifique Riad Dar Bergui, situé sur le petit plateau de Ouarzazate. Encore plus beau que sur les photos de Booking — et ça, c’est rare ! On y mange divinement bien, surtout au petit déjeuner : crêpes marocaines encore tièdes, confitures maison, jus d’orange pressé… un vrai bonheur. Seule déception : la piscine affiche 6 degrés. Les journées sont chaudes, mais le désert ne pardonne rien la nuit.




Pas le temps de trop profiter du riad, nous sommes impatients de découvrir le centre-ville. Nous partons à pied vers la place principale, la Place Al-Mouahidine, cœur vivant de la ville.


On y déguste des jus locaux, on flâne entre les étals de poteries et d’épices, on observe la vie qui passe. Le petit souk près de la place ne nous enthousiasme pas vraiment… alors nous continuons vers la célèbre Kasbah de Taourirt, située en face du Musée du cinéma de Ouarzazate.

Et là, tout change.
Le souk juste en face de la kasbah est animé, vivant, authentique. Nous y négocions cartes postales, bijoux, crèmes à l’huile d’argan, foulards… Ici, aucun prix n’est affiché : la négociation est un sport national. Les enchères commencent toujours très haut, mais avec le sourire et un peu de patience, on trouve vite un terrain d’entente. Un vrai jeu… auquel on prend goût.


Et une chose frappe immédiatement : il y a des chats partout. Sur les marches, sous les étals, au soleil contre les murs ocre… Des dizaines de petits regards curieux. Si vous venez ici, pensez à glisser quelques croquettes dans votre sac, vous ferez des heureux — et vous vous ferez adopter en moins de deux minutes.


Impossible de ne pas s’arrêter chez Boutique Nomade, une véritable caverne d’Ali Baba. Objets africains, textiles, lanternes, meubles anciens… j’ai envie de tout ramener ! Mention spéciale pour les magnifiques portes en bois sculpté. Il ne manque plus que le château qui va avec pour les installer…

La Kasbah de Taourirt, elle, mérite qu’on s’y attarde. Ancienne forteresse en pisé, elle fut au XIXe siècle la résidence du puissant clan des Glaoui, dont le célèbre pacha Thami El Glaoui, l’un des hommes les plus influents du sud marocain sous le protectorat français.

Véritable petite ville fortifiée, la kasbah abritait des appartements richement décorés, des patios, des greniers et même des passages secrets. Construite en terre et en paille, elle semble presque sculptée dans le paysage ocre qui l’entoure. On y ressent encore le poids de l’histoire et l’importance stratégique de Ouarzazate, carrefour des routes caravanières reliant le Sahara à Marrakech.





On remarque aussi que le temps semble s’écouler différemment ici. Entre deux voitures, il n’est pas rare de croiser encore des habitants qui se déplacent à dos d’âne, tranquillement, comme un clin d’œil à une époque pas si lointaine. Ce contraste entre modernité et traditions donne à la ville un charme unique.

Et puis il y a les camions… impressionnants, souvent surchargés, débordant de marchandises, de sacs, parfois même de meubles empilés jusqu’au ciel. On les regarde passer avec un mélange d’admiration et d’étonnement, se demandant comment tout cela tient en équilibre. Ici, tout semble optimisé, rien ne se perd, tout se transporte.

Nous déjeunons au Restaurant Douyria. Un délicieux tajine au citron — j’en mangerais toute la semaine, j’adore ça ! — accompagné bien sûr d’une salade marocaine fraîche et parfumée. Simple, efficace, parfait.

Et pour terminer la journée en beauté, direction la terrasse du Restaurant La Kasbah des Etoiles pour boire un verre. Vue imprenable sur l’Atlas, lumière dorée de fin d’après-midi, air doux du désert… Un moment suspendu, face aux montagnes qui se teintent de rose au coucher du soleil.



Quant au musée du cinéma… à moins d’être passionné par les vieux modèles de caméras et les accessoires d’époque, il n’apporte pas grand-chose. Intéressant pour comprendre que Ouarzazate est un décor naturel de cinéma — de nombreux films y ont été tournés — mais la visite reste rapide.




Premières impressions : lumière incroyable, ambiance paisible, architecture ocre qui se confond avec le désert… Ouarzazate ne se raconte pas seulement, elle se ressent. Et ce n’est que le début de l’aventure.





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