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Une Semaine aux Orcades en Van : Notre Road Trip au Bout du Monde

  • il y a 2 jours
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 11 heures

Il y a des destinations qui ne ressemblent à aucune autre. Les Orcades (Orkney en anglais) en font partie. Cet archipel d'une soixantaine d'îles posé au nord de l'Écosse continentale, entre mer du Nord et Atlantique, est l'un de ces endroits où l'on a l'impression d'avoir atteint le bout du monde — sans pour autant renoncer au confort d'une route bien entretenue et d'un café chaud à chaque village.




Nous y sommes allés en août, une semaine en van, et c'est resté l'un de nos road trips les plus marquants. Vestiges néolithiques vieux de 5 000 ans, plages de sable blanc et d'eau turquoise, épaves rouillées émergeant de la mer, petites chapelles isolées dans des prairies infinies — les Orcades concentrent une diversité de paysages et d'histoire qui n'a rien à envier à des destinations bien plus connues.


Voici notre carnet de route, avec toutes les informations pratiques pour organiser votre propre semaine sur cet archipel hors du temps.


Carte illustrée des Orcades avec itinéraire, sites néolithiques, photos des îles et titre Une semaine dans les Orcades.


Les Orcades, c'est où exactement ?


L'archipel des Orcades se situe à environ 10 km au nord de la pointe de l'Écosse continentale (Caithness), séparé du continent par le redoutable détroit du Pentland Firth — l'un des passages maritimes aux courants les plus puissants d'Europe. L'île principale, Mainland, concentre l'essentiel de la population et des sites historiques, mais l'archipel compte une vingtaine d'îles habitées, chacune avec son caractère propre.


Ce qui frappe en arrivant aux Orcades, c'est la lumière. Cette latitude septentrionale donne une qualité de lumière particulière — plus rasante, plus dorée, qui sculpte les paysages d'une façon que l'on ne voit nulle part ailleurs en Écosse. Et puis il y a ce sentiment d'isolement paisible : peu de circulation, des horizons dégagés à perte de vue, et cette impression d'être arrivé quelque part où le temps s'écoule différemment.

Malgré leur isolement apparent, les Orcades sont étonnamment accessibles : ferries réguliers depuis Scrabster, Gills Bay ou Aberdeen, et même des vols depuis plusieurs villes écossaises vers Kirkwall, la capitale de l'archipel.




Pourquoi voyager en van aux Orcades ?


Le van est, selon nous, le moyen de transport idéal pour explorer les Orcades.


L'archipel est suffisamment petit pour être parcouru en une semaine, mais suffisamment riche en sites espacés pour que la liberté de mouvement soit précieuse.


Voyager en van aux Orcades, c'est pouvoir s'arrêter net sur le bord de la route quand un troupeau de moutons broute négligemment devant un cercle de pierres vieux de 5 000 ans — ce qui arrive plus souvent qu'on ne l'imagine. C'est aussi pouvoir se garer face à la mer le soir, préparer le dîner avec vue sur l'Atlantique, et s'endormir au son du vent qui balaie les prairies. Les Orcades sont l'un des territoires les plus accueillants pour le van life que nous ayons connus en Écosse.


Quelques infos pratiques pour le van aux Orcades :


  • Les ferries (NorthLink Ferries depuis Scrabster, ou Pentland Ferries depuis Gills Bay) acceptent les vans et camping-cars — réservez à l'avance en été.

  • L'archipel compte plusieurs aires de camping-car officielles (notamment à Kirkwall et Stromness) avec vidange et eau.

  • Le camping sauvage est toléré dans de nombreux endroits si l'on respecte les terres agricoles et que l'on suit le code de l'accès responsable écossais (Scottish Outdoor Access Code).

  • Les routes sont étroites mais en très bon état, avec des passing places (zones de croisement) régulières sur les tronçons à voie unique.





Le Ring of Brodgar : un cercle de pierres vieux de 5 000 ans


S'il y a un site à ne pas manquer aux Orcades, c'est bien le Ring of Brodgar. Ce cercle mégalithique, l'un des plus grands de Grande-Bretagne, se dresse au milieu d'une lande balayée par le vent, entre deux lochs aux eaux changeantes.


Nous y sommes arrivés un matin d'août, sous un grand ciel bleu traversé de quelques nuages — et la lande était couverte de bruyère en fleurs, dans des teintes de violet et de rose qui contrastaient magnifiquement avec le gris des pierres dressées et le bleu des lochs alentour. Marcher entre ces monolithes, certains hauts de plus de 4 mètres, en sachant qu'ils ont été érigés il y a environ 5 000 ans — soit avant les pyramides d'Égypte — donne une sensation de vertige temporel difficile à décrire.

À l'origine, le Ring of Brodgar comptait probablement 60 pierres disposées en cercle parfait de 104 mètres de diamètre, entourées d'un fossé creusé directement dans la roche. Aujourd'hui, 27 pierres sont encore debout. Le site fait partie du "Cœur néolithique des Orcades", classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, qui regroupe également les Stones of Stenness, le tumulus de Maeshowe et le village de Skara Brae.



Infos pratiques :

  • Accès libre et gratuit, ouvert en permanence

  • Parking gratuit à proximité

  • Prévoyez un coupe-vent même en été — le vent sur la lande peut être très fort





Les Stones of Stenness : les pierres dressées


À quelques minutes de route du Ring of Brodgar, les Stones of Stenness forment un autre cercle mégalithique, plus petit mais tout aussi impressionnant. Datées d'environ 3100 avant J.-C., ces pierres comptent parmi les plus anciens monuments mégalithiques des îles britanniques — plus anciennes encore que Stonehenge.


Ce qui est saisissant aux Stones of Stenness, c'est leur finesse. Contrairement aux blocs massifs de Stonehenge, ces pierres sont étonnamment minces — de véritables lames de pierre dressées vers le ciel, comme des stèles géantes. À l'heure dorée du soir, leurs ombres s'étirent sur des dizaines de mètres dans la lande, créant un spectacle saisissant.

Les moutons qui paissent tranquillement entre les pierres ajoutent une touche bucolique presque incongrue à ce site chargé d'une histoire vieille de plus de 5 000 ans — l'image même des Orcades, où le sacré et le quotidien cohabitent sans façon.




Le naufrage de Burray et les Churchill Barriers


L'une des images les plus saisissantes de notre semaine aux Orcades reste les épaves rouillées qui émergent des eaux entre les îles, le long des Churchill Barriers.

Ces barrières — quatre digues de béton reliant l'île principale aux îles du sud (South Ronaldsay, Burray, Glamshellan et Lamb Holm) — ont été construites pendant la Seconde Guerre mondiale sur ordre de Winston Churchill, après le torpillage du cuirassé HMS Royal Oak par un sous-marin allemand qui s'était infiltré dans la rade de Scapa Flow en 1939.


Avant la construction des barrières, plusieurs navires avaient été délibérément coulés dans les passes pour bloquer l'accès aux sous-marins ennemis — on les appelle les blockships. Aujourd'hui, leurs carcasses rouillées émergent encore des eaux à marée basse, posées sur le sable comme des sculptures industrielles abandonnées. Les voir depuis la route, avec la lumière changeante du ciel orcadien qui joue sur le métal oxydé, est à la fois mélancolique et fascinant — un témoignage silencieux d'un épisode de guerre que l'on associe rarement à ces îles paisibles.

Les Churchill Barriers offrent aujourd'hui une route directe et spectaculaire entre les îles, avec des arrêts photo à chaque digue pour observer les épaves et les plages de chaque côté.




La Chapelle Italienne (Italian Chapel) : un joyau né de la guerre


Sur la petite île de Lamb Holm, juste à côté de la première Churchill Barrier, se trouve l'un des monuments les plus émouvants des Orcades : la Chapelle Italienne (Italian Chapel).


Pendant la Seconde Guerre mondiale, des centaines de prisonniers de guerre italiens furent envoyés aux Orcades pour construire les Churchill Barriers. Loin de chez eux, dans des conditions difficiles, certains de ces prisonniers décidèrent de construire une chapelle pour pratiquer leur culte — à partir de deux baraquements Nissen (des structures métalliques préfabriquées en forme de tunnel) assemblés bout à bout.


De l'extérieur, la chapelle ressemble à une jolie église de village, avec sa façade blanche ornée de motifs rouges et sa petite tour. Mais l'extérieur ne prépare en rien à ce que l'on découvre à l'intérieur : un décor peint à la main d'une finesse et d'une beauté absolument bouleversantes — fresques religieuses, faux marbre, ferronneries fabriquées à partir de boîtes de conserve et de débris métalliques récupérés sur le chantier. Tout, absolument tout, a été fabriqué avec les moyens du bord par des hommes qui n'avaient ni matériaux ni formation artistique professionnelle, simplement le désir de créer un peu de beauté et de spiritualité dans un environnement hostile.

Le principal artisan, Domenico Chiocchetti, est revenu visiter la chapelle plusieurs fois après la guerre pour la restaurer, et est resté en lien avec la communauté locale jusqu'à sa mort. La chapelle est aujourd'hui entretenue avec un soin amoureux par les habitants de l'île — un symbole de réconciliation et d'humanité au milieu de la guerre.



Infos pratiques :

  • Entrée libre (don suggéré)

  • Ouvert toute l'année

  • Comptez 20-30 minutes de visite — mais le souvenir reste bien plus longtemps




Les plages des Orcades : sable blanc et eaux turquoise


L'une des grandes surprises des Orcades, ce sont ses plages. On n'imagine pas, en pensant à cet archipel battu par les vents du nord, trouver des étendues de sable blanc immaculé bordées d'une eau aux teintes caraïbéennes — et pourtant.


La baie que l'on voit depuis la route près de Burwick ou les criques abritées du côté de Deerness offrent des paysages qui n'ont rien à envier aux plus belles plages atlantiques d'Écosse. L'eau, d'un turquoise presque irréel certains jours d'août, contraste avec le vert intense des prairies et le gris des murets de pierre traditionnels qui découpent le paysage en patchwork. On a beau savoir que la température de l'eau ne dépasse pas les 13-14°C même en plein été, on a quand même envie d'y tremper les pieds.

Ces plages sont aussi des lieux de vie pour une faune abondante — phoques se prélassant sur les rochers, oiseaux marins en nombre impressionnant (les Orcades sont un haut lieu de l'observation ornithologique en Europe), et parfois même des dauphins visibles depuis la côte.




Skara Brae : le village néolithique le mieux conservé d'Europe


Impossible de parler des Orcades sans évoquer Skara Brae, le site qui a fait la renommée archéologique de l'archipel dans le monde entier. Ce village néolithique, occupé entre 3180 et 2500 avant J.-C., a été révélé par une tempête en 1850 qui a balayé les dunes de sable qui le recouvraient depuis des millénaires.


Skara Brae est souvent surnommé le "Pompéi écossais" — et l'expression n'est pas exagérée. Les maisons de pierre, avec leurs lits, leurs étagères et même leurs "dressers" (meubles de rangement) en pierre, sont si bien conservées qu'on a l'impression que les habitants viennent juste de partir. Marcher au-dessus de ces habitations vieilles de 5 000 ans, en regardant les détails de la vie quotidienne néolithique — les foyers, les cloisons, les petits espaces de stockage — procure un sentiment de proximité avec ces ancêtres lointains que peu de sites archéologiques au monde parviennent à offrir.

Le centre de visiteurs propose une reconstitution grandeur nature d'une maison que l'on peut explorer, ce qui rend la visite particulièrement vivante — surtout pour les enfants.




Notre itinéraire : une semaine en van aux Orcades


Jour 1 : Arrivée par ferry à Stromness ou St Margaret's Hope. Installation et premier tour de l'île principale.


Jour 2 : Le cœur néolithique — Ring of Brodgar, Stones of Stenness, Maeshowe (réservation obligatoire pour la visite intérieure du tumulus).


Jour 3 : Skara Brae et la côte ouest de Mainland — falaises spectaculaires et phoques.


Jour 4 : Kirkwall — la cathédrale Saint-Magnus (l'une des plus belles cathédrales romanes d'Écosse), le port et les rues pavées du centre historique.


Jour 5 : Les Churchill Barriers, l'Italian Chapel, et exploration des îles du sud (Burray, South Ronaldsay) avec leurs plages.


Jour 6 : Une île secondaire en ferry — Hoy (pour les randonneurs, avec le célèbre Old Man of Hoy) ou Westray selon vos envies.


Jour 7 : Dernière balade sur les plages, derniers achats artisanaux à Stromness, départ.




Nos conseils pratiques pour les Orcades


La météo : même en août, le temps aux Orcades peut changer en quelques minutes — soleil radieux, averse, vent fort, puis de nouveau soleil. Le multicouche et l'imperméable sont indispensables toute l'année.


La lumière d'été : en juillet-août, le soleil se couche très tard (parfois après 22h) — ce qui laisse de longues soirées pour explorer ou simplement profiter des paysages dans la lumière dorée.


Réservez vos ferries à l'avance en haute saison, surtout pour le van — les traversées vers et depuis les Orcades se remplissent vite en été.


Le whisky des Orcades : les distilleries Highland Park et Scapa, toutes deux à Kirkwall, proposent des visites passionnantes — l'occasion de découvrir des single malts produits dans l'un des environnements les plus septentrionaux d'Écosse.


La gastronomie locale : poissons et fruits de mer fraîchement pêchés, fromages des Orcades (notamment le cheddar local très réputé), et le Orkney fudge — une confiserie au beurre incontournable.




Les Orcades, une parenthèse hors du temps


Une semaine aux Orcades, c'est l'occasion de ralentir complètement — de marcher entre des pierres dressées il y a 5 000 ans, de contempler des épaves de guerre rouillant paisiblement dans une eau turquoise, et de découvrir une chapelle peinte à la main par des prisonniers de guerre devenue un symbole d'espoir. C'est un archipel qui mêle nature sauvage, histoire profonde et une douceur de vivre étonnante pour une terre si septentrionale.


Si vous prévoyez un road trip en Écosse, ne faites pas l'impasse sur les Orcades — c'est une parenthèse qui restera gravée longtemps dans vos souvenirs de voyage.




Où Aller Après Glencoe ?


  • Édimbourg — le château, le Royal Mile, Arthur's Seat

  • Glasgow — culture vibrante, street art et musique live

  • Île de Skye — Fairy Pools, Old Man of Storr et côtes sauvages


Pour découvrir d'autres destinations écossaises, retrouvez nos guides sur l'Écosse.



Have a wonderful trip!



Et si vous aimez rêver voyage autant que moi, retrouvez encore plus de bonnes adresses, itinéraires et inspirations sur mon Pinterest.

Affiche de voyage sur les Orcades avec van aménagé, mégalithes, côte et villages; textes Écosse Sauvage, 1 semaine en van.










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