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Les Pouilles en 10 jours : itinéraire complet entre villages blancs, trulli et Adriatique

6 mai
7 min de lecture

Dernière mise à jour : 16 oct.

Par Magali · Mlle Bougeotte · Mai 2026

HORS SUJET · ITALIE · ITINÉRAIRE


Les Pouilles, c'est le sud de l'Italie sans les défauts du sud de l'Italie. Moins de monde que la Côte Amalfitaine, moins cher que la Sicile, et une concentration de beaux endroits au kilomètre carré difficile à battre. Villages blancs, eau turquoise, cuisine généreuse, routes bordées d'oliviers centenaires. La région coche toutes les cases, à condition de bien s'organiser, et surtout, de ne pas essayer de tout faire.


Les villages blancs des Pouilles doivent leur apparence à une tradition de badigeon à la chaux, une pratique hygiénique à l'origine, pour protéger les murs de la chaleur et des insectes.



Vue d'ensemble de l'itinéraire


JOUR 1-2

Bari

Basilique San Nicola · Château Svevo · orecchiette des mammas · cours de cuisine


JOUR 3

Polignano a Mare

Village sur les falaises · excursion en bateau dans les grottes · centre historique tôt le matin


JOUR 4

Monopoli

Port coloré · plages · étape de respiration entre deux spots


JOURS 5-6

Alberobello et Vallée d'Itria

Trulli UNESCO · Locorotondo · Martina Franca · dégustation de primitivo


JOURS 7-8

Ostuni et les plages

Ville blanche · Torre Guaceto · balade à cheval au coucher du soleil


JOUR 9

Lecce

Baroque en pietra leccese · visite guidée · pasticciotto au petit-déjeuner


JOUR 10

Plage et retour

Rythme libre · plage du Salento · vol depuis Brindisi




Infos pratiques essentielles


Voiture indispensable. Les villages sont dispersés, les meilleures plages sont isolées, les transports en commun ne couvrent pas grand-chose. Prenez une petite voiture, les ruelles sont étroites, et garez-vous toujours à l'extérieur des centres historiques, souvent piétons. Comparez sur Discover Cars.


Deux aéroports desservent la région : Bari au nord et Brindisi au sud. Le plus pratique : arriver à Bari, repartir de Brindisi, ou l'inverse, pour faire le trajet sans revenir sur ses pas. Ryanair et ITA Airways proposent de bonnes connexions depuis la France.


Réservez tôt, surtout en juillet-août. Les trulli et masserie les plus demandés partent des semaines à l'avance. L'annulation gratuite quand c'est possible reste la meilleure option si vos dates ne sont pas fixées.


BUDGET INDICATIF POUR 2 PERSONNES (10 JOURS)

Vols A/R × 2

200-600 €

Location de voiture

300-600 €

Hébergements (10 nuits)

1 000-2 000 €

Activités et visites

200-600 €

Repas (restaurants locaux)

400-800 €




Les Pouilles
La campagne des Pouilles entre deux étapes. Les oliviers centenaires, certains ont 2 000 ans, sont protégés par la loi en Italie.


Jours 1-2 : Bari, la porte d'entrée oubliée


Bari mérite mieux que le seul rôle de ville de transit. Port romain pendant l'Antiquité, puis byzantine avant d'être prise par le Normand Robert Guiscard en 1071, elle a joué un rôle stratégique pendant les Croisades, relais entre l'Europe et le Moyen-Orient. Cette histoire se lit encore dans les rues de Bari Vecchia, la vieille ville.


La basilique San Nicola, construite au XIIe siècle pour abriter les reliques de saint Nicolas, est un haut lieu de réunion entre catholiques et orthodoxes, l'un des rares endroits en Europe où les deux confessions partagent un espace liturgique depuis des siècles. À côté, la cathédrale San Sabino, sobre à l'extérieur, révèle deux niveaux d'arches intérieures et un sous-sol archéologique avec de vieilles mosaïques. Le Castello Svevo sur la corniche complète le tableau, entre 1501 et 1549, Isabelle d'Aragon et sa fille Bona Sforza, future reine de Pologne, y établirent une cour Renaissance.


Et dans les ruelles de Bari Vecchia, les mammas font encore les orecchiette à la main sur le pas de leur porte. Ce n'est pas une mise en scène, c'est le quotidien. Un cours de cuisine locale pour démarrer le voyage sur les bonnes bases s'impose.




Rue piétonne animée d’un village italien, terrasses, touristes, statue de Superman et panneau area pedonale.
Bari Vecchia. Les ruelles sont étroites, le linge sèche aux fenêtres, et quelque part dans le quartier, des femmes font des orecchiette depuis l'aube.
Façade d’une grande basilique romane en pierre claire sous ciel bleu, avec quelques passants sur une place pavée.
La basilique San Nicola, construite en 1087 pour abriter les reliques de saint Nicolas, les mêmes qui ont donné naissance à la légende du Père Noël.
Village côtier ensoleillé avec clocher, maisons blanches, crique turquoise et rochers sous un ciel bleu paisible.
La lungomare de Bari au coucher du soleil. La promenade le long de l'Adriatique est l'une des plus agréables d'Italie du Sud.


Jour 3 : Polignano a Mare, le village suspendu


Fondée par les Grecs, ce qui explique en partie le caractère particulier de ce village suspendu au-dessus des falaises calcaires, Polignano a Mare est l'une des images les plus partagées des Pouilles. Le centre historique est compact, photogénique, et à éviter absolument en plein été à midi. Arrivez tôt le matin ou en fin d'après-midi pour en profiter dans de bonnes conditions.


L'activité la plus demandée de la région : l'excursion en bateau dans les grottes marines. À réserver bien à l'avance, c'est complet plusieurs jours à l'avance en haute saison.



Ville côtière en pierre sur falaise, baignée de soleil, avec des nageurs dans une crique turquoise.
Polignano a Mare depuis la falaise. La ville est construite sur un promontoire calcaire, en dessous, des grottes marines que le bateau longe lors des excursions.


Jour 4 : Monopoli, l'étape méconnue


Moins connue que Polignano, souvent préférée par ceux qui y passent. Port coloré, bonnes plages, centre historique tranquille avec ses traces médiévales bien conservées. Une journée pour souffler entre deux étapes plus fréquentées.



Le port de Monopoli. Les bateaux de pêche rentrent tôt le matin, c'est l'heure idéale pour voir le port dans sa version non touristique.



Jours 5-6 : Alberobello et la Vallée d'Itria


L'histoire des trulli est plus complexe qu'elle n'y paraît. La ville telle qu'on la connaît a été fondée à la fin du XIVe siècle par les comtes de Conversano. Pour éviter les taxes imposées par le royaume de Naples sur les nouveaux villages, les trulli ont été construits comme une astuce architecturale : ces structures en pierre sèche, sans mortier, étaient conçues pour paraître facilement démontables lors des inspections royales. Ce n'est qu'en 1797, sous Ferdinand IV de Bourbon, qu'Alberobello fut libérée de la servitude féodale.


Les trulli ont été déclarés monument national dans les années 1920 et inscrits au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1996. Alberobello compte aujourd'hui plus de 1 500 structures. L'endroit est très touristique en journée, arrivez tôt le matin pour en profiter dans des conditions raisonnables.


Autour d'Alberobello, la Vallée d'Itria regroupe plusieurs villages qui valent le détour : Locorotondo pour ses maisons rondes distinctives, Martina Franca pour son baroque local, et Ostuni qu'on garde pour le lendemain. Dormez dans un trullo, à réserver impérativement longtemps à l'avance. Et goûtez un primitivo ou un negroamaro des Pouilles lors d'une dégustation locale.



Une ruelle d'Alberobello au lever du jour, avant les groupes de visiteurs. C'est l'heure où la ville ressemble à ce qu'elle était avant de devenir un site UNESCO.



Jours 7-8 : Ostuni et les plages


Ostuni, la "ville blanche", doit son apparence si particulière à des siècles de tradition de badigeon à la chaux, une pratique hygiénique à l'origine, pour protéger les murs de la chaleur et des insectes. Les ruelles blanches en cascade, les terrasses avec vue sur la vallée et la mer au loin, les couchers de soleil depuis les hauteurs : c'est l'une des étapes les plus marquantes du voyage.


À une vingtaine de kilomètres, la plage de Torre Guaceto est une réserve naturelle protégée, accès limité, eau exceptionnellement claire, pas de parasols en plastique ni de vendeurs ambulants. C'est la meilleure plage de l'itinéraire si vous ne devez en voir qu'une.




Ostuni au coucher du soleil. La ville est sur une colline, la vue depuis les hauteurs embrasse toute la plaine des Pouilles jusqu'à la mer.



Jour 9 : Lecce, la "Florence du Sud"


Lecce est souvent négligée dans les itinéraires des Pouilles, à tort. Son architecture baroque, qui lui vaut le surnom de "Florence du Sud", est née au XVIe siècle quand la ville a acquis un nouveau statut de centre culturel, commercial et religieux. Les autorités religieuses et les familles nobles ont fait construire des dizaines d'édifices en pietra leccese, une pierre calcaire aux tons lactés et facilement malléable qui a permis aux artistes de réaliser des éléments décoratifs d'une précision et d'une densité uniques.


Le résultat est un centre-ville qui ressemble à un musée à ciel ouvert : des façades couvertes de fruits, d'animaux mythologiques, de putti et de motifs floraux sculptés dans la pierre. Au petit-déjeuner, le pasticciotto, une pâtisserie locale fourrée à la crème, est incontournable. Et pour vraiment comprendre ce qu'on regarde, une visite guidée est un investissement rentable.



La Piazza del Duomo de Lecce en fin de journée. La pietra leccese vire à l'or sous la lumière du soir, c'est l'heure idéale pour se promener dans le centre.



Hébergements recommandés


Trulli Holiday Albergo Diffuso


Situé à différentes adresses, dans le centre-ville d’Alberobello, le Trulli Holiday Albergo Diffuso propose des hébergements uniques occupant des bâtiments traditionnels en pierre de type trulli.


Malandrì B&B



L’établissement Malandrì B&B se situe à 46 km de ce lieu d’intérêt : Bari Cathedral. Il possède un jardin, une terrasse et un service d'étage pour votre confort.


Trulli Loco



L’établissement Trulli Loco se situe à Locorotondo, à respectivement 38 km et 38 km de ces lieux d’intérêt : Costa Merlata et Cathédrale de Tarente.




La cuisine des Pouilles


La gastronomie des Pouilles est généreuse, simple et ancrée dans le terroir. À Bari, les orecchiette aux cime di rapa (brocolis amers) et les taralli (bretzels secs à l'huile d'olive et au fenouil) sont les snacks du quotidien. À Polignano, les restaurants en bord de mer proposent des poissons et fruits de mer d'une fraîcheur irréprochable. À Lecce, le pasticciotto au petit-déjeuner, et les pucce, des petits pains locaux fourrés, pour le déjeuner.


Dans toute la région, les masserie (anciennes fermes rénovées en hôtels ou restaurants) offrent des expériences culinaires uniques autour de l'huile d'olive, des légumes locaux et des fromages frais. La burrata des Pouilles, créée à Andria dans les années 1950, est la meilleure que vous mangerez de votre vie si vous la goûtez sur place, encore fraîche du matin.



La burrata des Pouilles, créée à Andria dans les années 1950. Fraîche du matin, avec une huile d'olive locale, le plat le plus simple et le meilleur du voyage.



Quand partir dans les Pouilles ?


Les meilleures périodes sont mai-juin et septembre-octobre. Le climat est agréable, les températures douces et il y a nettement moins de monde qu'en plein été. Juillet et août sont très chauds (35-40°C) et les sites les plus touristiques comme Alberobello ou Polignano sont bondés dès 10h du matin.


Mai est particulièrement intéressant : la campagne est encore verte, les figuiers et les oliviers sont en fleurs, et les locations de masserie sont disponibles à des prix encore raisonnables.


Vieux oliviers aux troncs massifs dans un verger sec, feuilles vertes ombrageant un sol brun parsemé de pierres.
Un olivier centenaire des Pouilles. Certains arbres de la région ont plus de 2 000 ans, ils sont protégés par la loi depuis 2007 après une épidémie de Xylella qui en a décimé des millions.




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